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19 avril 2010

Retour sur la question des retraites... Et pourtant elle tourne !

par Jacques COSSART, économiste.

Extrait d’un article que vous pouvez retrouver dans son intégralité dans le bimestriel "Le sarkophage" n° 17 du 13 mars / 15 mai 2010.

La quasi-totalité des médias abreuve ses lecteurs et auditeurs de ratios propres à les effrayer quant au fait que l’on se dirigerait tout droit vers une situation où un seul actif devrait bientôt "entretenir" un inactif ! Si cette perspective supposée être effrayante ne repose pas, pour la France, sur des données exactes, il reste que le nombre d’inactifs ramené à celui d’actifs, le "ratio de dépendance", baisse. Dans ses "Projections 2005-2050", l’INSEE indique que de 3 en 1970, ce ratio passerait à 1,5 en 2050. Comment voulez-vous, mon pauvre monsieur, que la société puisse supporter cela ? Au passage, remarquons que dans le chiffre de 27,6 millions d’actifs en 2005, il y a 2,7 millions de chômeurs qui sont peu souvent évoqués par les "experts" des plateaux de télévision quand le sujet porte sur les retraites.

Chômage et productivité : des questions éludées

Etonamment aussi, est peu abordée la question, pourtant essentielle, de l’évolution de la productivité, c’est-à-dire la quantité de richesses produites par heure travaillée. Pourtant, il s’agira bien en 2050, comme chacune des années qui précéderont, de répartir cette année-là, et seulement cette année-là, lesdites richesses, et seulement celles-là, au sein de la population existante à l’époque qu’elle soit, ou non, active.

Ayant évalué cette richesse, on entend bien que le nombre de ceux qui la produisent importe, mais l’est tout autant la productivité. Elle peut être appréciée en rapportant la valeur ajoutée au nombre d’heures travaillées. Or, que nous apprend l’institut de la statistique ? Dans "Valeur ajoutée, emploi et productivité", publié en mai 2009, l’INSEE donne l’évolution sur la période 1950-2007. On y remarque que pour une base de 100 en 1949, on passe à 870 en 2007. Cela veut dire que, en 2007, on produit en une heure près de ç fois plus qu’en 1949. Bien entendu, on sait que la quantité d’heures travaillées a sensiblement diminué (en France, au XXe siècle, cette diminution atteindrait plus de 30%) ; cette diminution est, cependant, sans commune mesure avec l’augmentation de la productivité qui vient d’être rappelée. C’est d’ailleurs ce qui explique que le PIB français, soit passé, toujours selon l’INSEE, de quelque 990,2 milliards d’euros en 1984 à plus de 1 640,2 milliards d’euros en 2008.

On a coutume de lire que l’augmentation de la productivité est due au capital qui permet d’acquérir les équipements nouveaux ou supplémentaires et, quand même, au travail. Cependant, sans travail, il n’y aurait pas d’équipements ; aussi est-ce bien le travail qui est la source de la création de richesses. Mais alors, les gains de productivité qui viennent d’être évoqués devraient revenir, si ce n’est pour totalité, pour une part majeure, à l’augmentation de la rémunération, qu’elle soit individuelle ou socialisée.

Revenus du capital contre revenus du travail

On sait malheureusement que celle-ci n’a pas été multipliée par 9 en France, entre 1950 et 2007 ! Les propriétaires du capital en gardent une part importante. c’est bien pourquoi de nombreuses études mettent en évidence le transfert en une trentaine d’années d’une dizaine de points de PIB en faveur des revenus du capital, au détriment des revenus du travail ; parmi ces études, citons celles de l’OCDE quelque 4000 milliards de dollards, soit pas loin du double du PIB français.

Que nous dit-on à propos des retraites ? Que l’évolution démographique exige d’aller plus loin, que la baisse entamée en 1993 pour le secteur privé par le gouvernement Balladur, et en 2003 pour le secteur public par le gouvernement Raffarin.

Tous ces gouvernements et tous ces experts ont parfaitement raison ! On ne peut pas résoudre le dilemne sans toucher ce à quoi ils tiennent le plus, la formule magique "toutes choses égales par ailleurs".

Un camouflage pour sortir de la solidarité

Il ne faut surtout pas modifier la répartition de la caleur ajoutée. Il faut, au contraire, continuer à l’améliorer, encore en faveur des privilégiés par des mesures fiscales adéquuates, par l’augmentation extravagante des très hauts revenus, par les bonus bancaires et autres stocks options, par la casse des services publics qui coûtent aux riches, par la baisse ou le gel des salaires, par l’allongement théorique de la durée du travail qui se traduit en fait par une augmentation du chômage et, ce faisant, par une pression encore accrue sur les salaires et par le saccage environnemental dont on sait qu’il pèse d’abord sur les moins privilégiés. Ceux-la mêmes qui pousseront le sacrifice jusqu’à mourir plus jeune - six ans en moyenne pour les hommes - faisant ainsi "économiser" autant de pensions ! Alors, comment faire pour ne pas consacrer une part plus importante de la richesse nationale qui a pourtant été multipliée en termes constants, comme on vient de le voir, par près de 2 ces deux dernières décennies ? C’est simple, il faut diminuer les pensions ! Mais il y faut, pour faire face aux forces contraires ou simplement réticences, des leurres. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) nous livre un modèle de démonstration technocratique qui n’a, au fond, qu’un seul but, habiller le forfait sous des oripeaux dont les commanditaires espèrent qu’ils seront pris pour des habits de fête !

La dernière trouvaille a nom "retraite par points", ou "comptes notionnels" ! De quoi s’agit-il ? De transformer notre système des annuités de cotisation en système individuel. (...)

Pour lire la suite : page 8 du bimestriel "Le sarkophage" n°17 du 13 mars au 15 mai 2010.

Vous y trouverez aussi un article de Gérard Filoche : "Comment financer nos retraites à 60 ans à taux plein ? " en page 9.

 

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