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7 février 2013

Le déclassement salarial confirmé

Alors que des discussions "Fonction publique" se sont engagées et que Vincent Peillon va ouvrir son agenda social, retour sur une étude qui témoigne du déclin du niveau de vie des PE.

Lors de la rencontre avec les organisations syndicales le 4 février dernier, Vincent Peillon a annoncé l’ouverture d’un agenda social à l’issue des négociations salariales dans la Fonction publique du 7 février, sans toutefois en préciser la méthode ni le calendrier. Cet agenda social devrait porter sur des mesures catégorielles et sur le métier d’enseignant alors que le Ministre ne confirme toujours pas qu’un premier geste - sous la forme d’une prime annuelle de 400€ - pourrait intervenir pour les professeurs des écoles.

Un contexte général dégradé

C’est dans ce contexte que Bruno Suchaut publie une étude sur l’évolution des salaires des enseignants du primaire. Intitulée « Une simulation de l’évolution des salaires des enseignants de l’école primaire », cette étude fait état du déclin du niveau de vie des enseignants du 1er degré en une génération alors que l’élévation du niveau de qualification aurait pu laisser penser que leur situation salariale s’améliorerait. L’étude, qui met évidence des écarts de rémunérations, estime pourtant que « la situation actuelle des PE n’est pas plus favorable que celle des instituteurs de la génération précédente ». En comparant les revenus réels perçus par une institutrice qui aurait pris sa retraite en 2006 avec ceux d’une PE entrée à l’IUFM en 1990, Bruno Suchaut évalue que la PE ne commence à gagner davantage que l’institutrice qu’à partir de 64 ans. Selon le professeur en sciences de l’éducation à l’université de Bourgogne, plusieurs facteurs pèsent en défaveur de la carrière et des rémunérations des actuels PE, et en premier lieu le contexte général : réforme des retraites, baisse du pouvoir d’achat et du point d’indice.

Des facteurs spécifiques à la profession

Ensuite, et même si la grille indiciaire des PE est plus favorable que celle des instituteurs, la perte de l’indemnité représentative de logement (ou du logement de fonction) dont bénéficiaient les instituteurs « gomme une partie de l’écart de salaires entre l’institutrice et la PE » souligne Bruno Suchaut. Il en va de même pour la forte sélectivité dans l’accès à la hors classe du corps des PE. Si elle différencie considérablement la carrière des PE de celle des instituteurs - avec un salaire de 3000€ nets à l’indice terminal des PE contre 2000€ nets pour les instituteurs - elle ne concerne en réalité qu’une très faible minorité d’enseignants. Avec un ratio de promus / promouvables fixé par le Ministère à environ 2%, l’accès à la hors classe constitue « une sérieuse limite à la revalorisation effective des enseignants du 1er degré. » indique l’étude. Enfin, le décalage important entre l’âge d’entrée plus tardif dans le métier et le recul de l’âge de départ à la retraite peut être considéré comme un déclassement.

Apporter une réponse salariale

Selon le chercheur, « ces simulations […] donnent une certaine légitimité au débat sur la revalorisation des carrières dans le 1er degré » et la revalorisation du point d’indice permettrait d’inverser la tendance. Interrogé par le SNUipp-FSU au sujet de l’annonce d’une indemnité annuelle de 400€, Bruno Suchaut estime que « cette mesure pourrait peut-être à court terme satisfaire une partie des enseignants, mais elle n’est sans doute pas la meilleure réponse au vrai problème des rémunérations des PE ». Parmi les pistes susceptibles d’accélérer la carrière, l’étude préconise « d’agir à court terme avec une mesure de type statutaire ». Cette mesure pourrait passer par « une grille d’avancement unique avec un étalement progressif de tous les échelons qui permettent à tous les enseignants d’atteindre, avant la fin de leur carrière, l’indice du dernier échelon de la hors classe actuelle ». Ce qui permettrait sans doute aux actuels PE d’envisager une évolution professionnelle et de rendre le métier attractif pour les jeunes diplômés à Bac+5.

A consulter :

- Bruno Suchaut : Du Monde de Martine au Monde de Sophie - Une simulation de l’évolution des salaires des enseignants de l’école primaire

 

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